Échangeur²²
2023, Résidence Exposition CIRCA- D'une cellule, l'autre
Arnaud Vasseux, Mathilde Geldhof, Raphaël Tiberghien et Won Jy.
«D’une cellule l’autre», est une exposition collective réalisée en partenariat avec la résidence artistique Échangeur²², dans le cadre d’une programmation annuelle à la Chartreuse.
Cette exposition réunit quatre artistes plasticiens : Arnaud Vasseux, Mathilde Geldhof, Raphaël Tiberghien et Won Jy. Imprégnés de l’histoire du bâtiment et de son architecture, les artistes explorent ici les silences et les creux de ce monument destiné à la réclusion volontaire et la contrainte.
Raphaël Tiberghien, dont le travail questionne le lien entre le langage, l’écriture et les formes plastiques, s’est ici concentré sur les failles et les fissures des murs épais de la bugade. En complétant les vides par une série de formes en céramique, l’artiste propose un récit fragmentaire, dans lequel la vie des occupants du lieu résonne avec sa propre pratique.
Partant des objets, des pensées et des gestes qui purent rythmer leur quotidien, les pièces se nichent dans les parois comme des témoins discrets, invitant le visiteur à se lancer à leur recherche.
Arnaud Vasseux, dont la proposition s’élabore à partir du lieu, s’intéresse au biais du bâtiment, à la buanderie et à son activité, aux cellules et ceux.celles qu’on enfermaient là, aux coupes savantes des lucarnes permettant d’entendre la / les voix et de voir la croix sur l’autel de la chapelle. Tous ces éléments constituent autant de motifs sur lesquels il souhaite prendre appui, pour matérialiser la présence des corps sur une longue période et des vies qui ont « habité » le lieu. L’artiste voudrait tenir compte autant du silence (comme règle, comme contrainte, comme choix) que de la désobéissance et des écarts à la règle et à l’ordre.
Mathilde Geldhof, mêle photographies et réalisations plastiques, qu’elle met en relation par des objets et des installations dans un dialogue entre matériel et immatériel. Ici, l’artiste explore les dédales des lieux utilisant l’objet maquette, Elle le détourne pour l’occuper et s’en revêtir, signifiant le lien incarné entre ceux qui y ont vécu et les murs puissants de la Chartreuse.
Pour « D’une Cellule l’autre », Won Jy réactive l’un de ses projets majeurs nommé « Columbarium (dérivé du latin columba, « niche de pigeon » et désignant le réceptacle d’urnes funéraires humaines). Il consacre également son temps de résidence à l’Échangeur²² et à la Chartreuse pour réadapter son œuvre de manière spécifique au lieu d’exposition. Ses différentes formes de sarcophages sont destinées aux dépouilles de pigeons trouvés autour du lieu d'exposition et dans les environs des logements abandonnés situés dans les résidences du quartier Pissevin à Nîmes. « Il est bien question ici, plus que de donner une sépulture aux oiseaux morts, de les collectionner, de les ranger, et finalement d’observer à travers ces contenants toujours transparents ce qu’il va advenir des « natures mortes » au fil du temps. » selon Isabelle Poussier, maître de conférences.
“From a cell to the other”, is a group exhibition
produced in partnership with the artistic residency Échangeur²², as part of an annual program at La Chartreuse.
The exhibition brings together four visual artists: Arnaud Vasseux, Mathilde Geldhof, Raphael Tiberghien and Won Jy. Immersed in the history of the site and its architecture, the artists explore the silences and hollows of this monument to voluntary and constraint reclusion.
Raphael Tiberghien, whose work questions the link between language, writing and plastic forms, focused here on the cracks and fissures in the bugade's thick walls. By filling in the gaps with a series of ceramic forms, the artist proposes a fragmentary narrative, in which the lives of the site's occupants resonate with his own practice.
Starting with the objects, thoughts and gestures that once punctuated their daily lives, the pieces nestle into the walls like discreet witnesses, inviting visitors to go in search of them.
Arnaud Vasseux, whose work is based on the site, is interested in the bias of the building, the laundry room and its activity, the cells and those who were locked up there, the skilful cutting of the openings to allow the voices to be heard and the cross to be seen. All these elements constitute elements on which he wishes to materialize the presence of bodies over a long period of time, and the lives that have “inhabited” the place. The artist would like to take into account silence (as a rule, as a constraint, as a choice) as much as disobedience and deviations from rule and order.
Mathilde Geldhof mixes photographs and visual works, linking them with objects and installations in a dialogue between the tangible and the intangible. Here, the artist explores the labyrinths of the site using the model as an object, transforming it to be lived in and dressed in, signifying the embodied link between those who lived there and the powerful walls of La Chartreuse.
For “D'une Cellule l'autre”, Won Jy reactivates one of his major projects called “Columbarium” (derived from the Latin columba, “pigeon niche” and designating the receptacle for human funerary urns). He also dedicates his residency time at l'Échangeur²² and La Chartreuse to adapting his work specifically to the exhibition space. His various forms of sarcophagus are intended for the remains of pigeons found around the exhibition site and in the surroundings of abandoned residences in the Pissevin district of Nîmes. “More than just burying dead birds, this exhibition is about collecting and storing them, and observing through these ever-transparent containers what happens to these ‘still lifes’ over time,” explains lecturer Isabelle Poussier.